Tournant Économique au Maroc : Les Défis du Nouveau Gouvernement face à une Croissance à Deux Vitesses

Le Maroc amorce un virage historique majeur en cette rentrée économique. Le 29 septembre 2026, Sa Majesté le Roi a nommé Fatima Ezzahra El Mansouri au poste de Cheffe du gouvernement, ouvrant ainsi une séquence politique inédite qui coïncide avec la publication d’indicateurs macroéconomiques cruciaux.
Alors que le pays affiche un dynamisme entrepreneurial soutenu et une attractivité record pour les investissements directs étrangers (IDE), le nouvel exécutif se retrouve face à un « mur économique » : traduire la croissance en emplois durables et transformer l’investissement public en gains de productivité partagés.
📈 Des indicateurs macroéconomiques contrastés
Les derniers chiffres du Haut-Commissariat au Plan (HCP) révèlent une situation complexe au deuxième trimestre 2026, caractérisée par d’importantes disparités sectorielles :
- Un ralentissement global de la croissance : Le Produit Intérieur Brut (PIB) a progressé de 4 % au deuxième trimestre 2026, marquant un repli par rapport aux 5,8 % enregistrés à la même période en 2025.
- Le secteur primaire en plein essor : Portée par le retour d’une pluviométrie favorable, la valeur ajoutée agricole a bondi de 21,2 %, confirmant son rôle historique d’amortisseur de l’économie nationale.
- Le recul inquiétant de l’industrie : À l’inverse, le secteur secondaire s’est contracté de 3,9 %. Ce fléchissement est principalement tiré par une chute sévère de 28,6 % des activités extractives et un repli de 3,2 % des industries de transformation.
💼 L’urgence de l’emploi et de l’inclusion

Le principal défi du gouvernement El Mansouri réside dans la déconnexion persistante entre la création de valeur et l’intégration sur le marché du travail. Bien que le climat des affaires reste propice au développement industriel à long terme, la capacité de l’économie nationale à générer des postes stables est mise à rude épreuve.
De plus, l’inclusivité demeure un chantier prioritaire : au deuxième trimestre 2026, le taux de participation des femmes à la main-d’œuvre n’atteint que 18,1 %, contre 66,5 % pour les hommes.
🚀 Une dynamique entrepreneuriale et financière qui résiste
Malgré ces ajustements structurels, les signaux microéconomiques démontrent la résilience du tissu privé marocain :
- Boom des créations d’entreprises : Selon l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale (OMPIC), plus de 51 800 entreprises ont été créées au premier semestre 2026. Les Sociétés à Responsabilité Limitée à Associé Unique (SARLAU) dominent largement le paysage, représentant 65,2 % des immatriculations.
- Flux d’investissements massifs : Les flux nets d’Investissements Directs Étrangers (IDE) ont affiché une hausse spectaculaire de 65 % à fin août 2026, atteignant 34,33 milliards de dirhams. Le royaume capitalise sur ses filières d’avenir comme le hub de Tanger Med, l’écosystème des batteries électriques et les mégaprojets d’énergies renouvelables.
- Soutien au financement : L’institution nationale Tamwilcom a mobilisé pas moins de 23,9 milliards de dirhams de financements au cours du premier semestre 2026, injectant des liquidités indispensables aux TPME à travers les régions.
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| Indicateur Économique (2026) | Valeur / Performance |
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| Croissance du PIB (T2 2026) | + 4,0 % |
| Croissance de la valeur ajoutée Agricole| + 21,2 % |
| Évolution du secteur Secondaire | – 3,9 % |
| Flux nets d’IDE (Janvier – Août) | + 65 % (34,33 MMDH) |
| Créations d’entreprises (S1 2026) | 51 805 unités |
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🔮 Vers un nouveau modèle de croissance
La feuille de route économique du nouveau cabinet implique un changement de paradigme fondamental. Pour maintenir le cap à l’horizon 2030, la stratégie devra pivoter d’une croissance historiquement stimulée par la commande et la dépense publiques vers un modèle tiré par l’investissement privé, l’innovation technologique et le renforcement des compétences de la main-d’œuvre.
La transition vers la décarbonation industrielle et l’intégration de l’intelligence artificielle au sein des usines marocaines feront office de véritables leviers de compétitivité internationale.